Jean Marie Le Pen était, aujourd’hui, de 18h30 à 19h30, invité du « Grand Jury LCI – RTL – Le Monde ».
Autant le dire tout de suite, il a une nouvelle fois désespéré les nombreux nationalistes et patriotes qui attendaient qu’il clarifie certains sujets sensibles, qu’il mette fin aux polémiques et qu’il revienne à la raison.
Il n’en a rien été, bien au contraire. Nous sommes consternés de voir que Jean Marie Le Pen poursuit se stratégie suicidaire, et cela ne fait que nous renforcer dans notre action.
Durant toute l’émission, M Le Pen est apparu très fatigué, allant jusqu’à avoir des pertes de mémoires. Pour la première fois de sa vie sans doute, il a, à de très nombreuses reprises, eu des ratés, comme « Je crois que », « Je pense que », « Je ne sais plus », « On m’a dit que », « On me prépare ça pour la convention », allant même jusqu’à ne plus savoir quand son programme « de gouvernement » serait publié. Ca, c’est pour la forme.
Sur le fond, Jean Marie Le Pen a oscillé entre reniements et Tango. Il a d’abord surfé sur ses reniements avant de se sublimer politiquement sur le tempo préféré des argentins, confirmant, sur l’immigration, tout ce que nous avons déjà dénoncé depuis des semaines. Il a confirmé un reniement supplémentaire. Ainsi, le FN ne propose plus la création de caisses de cotisations séparées pour les Français et les immigrés. C’était pourtant un « élément clé » du programme du Front National depuis 1986 et le livre de Jean Yves Le Gallou et Jean Pierre Stirbois : « Préférence Nationale : Réponse à l’immigration ». Outre qu’on ne sache plus ou va Le Pen techniquement sur l’immigration, (totale absence de programme détaillé), dorénavant, Jean Marie Le Pen est clairement pour l’intégration des immigrés « qui le désirent » à condition « qu’ils se tiennent tranquilles ». C’est beau comme du Bayrou. Qu’est-ce qui le différencie des autres, Villiers, Dupont Aignan et Sarkozy en tête. Bien peu de choses finalement, à part peut être la même détestation des nationalistes et des tenants de nos traditions.
Sur l’avortement, M Le Pen ne s’est pas caché d’avoir changé, mais, ce qui est le plus choquant, c’est quand il a affirmé : « Je ne suis pas un moraliste » ! Or, ce qui a fait son succès dans nos rangs depuis des décennies, c’est que, justement, il était seul alors à affirmer que la politique était aussi affaire de morale. Rome n’est réellement plus dans Rome.
Sur l’économie et le social, il est resté dans le flou de plus complet, hormis quelques réformettes ajustées dont se satisferait amplement le système en place. Et sur la peine de mort, il est pour mais il ne sait ni quand ni comment il la rétablira, ne s’étonnant même pas que ses deux derniers fidèles, (sa fille et Jean Claude Martinez) soient contre.
Entre deux bafouillages dont il n’est pas coutumier, Jean Marie Le Pen a trouvé le temps de poursuivre son œuvre de démolition de l’Union Patriotique, ne ménageant pas ses efforts pour humilier Bruno Mégret par petites phrases perfides et insinuations mensongères. Sur une heure d’émission, il y a presque passé 10 minutes. Ainsi, M Le Pen a certifié qu’il « n’attendait rien de Bruno Mégret », que celui-ci lui avait rapporté 10 parrainages, (en fait c’est 14 et apparemment Mégret en aurait plus de 30 autres très bientôt et Le Pen le sait), et qu’il n’y aurait pas d’autre forme de campagnes que séparées. Il a estomaqué les journalistes quand il a sorti qu’il espérait que M Mégret ne bloque pas et ne freine pas sciemment. Et quand Jean Michel Apathie lui a justement fait remarquer que c’était stupéfiant d’accepter l’Union pour ensuite la critiquer, Jean Marie Le Pen a nié sourire aux lèvres. Pitoyable ! De plus, il a reconnu officiellement que sa fille Marine n’aimait pas beaucoup Bruno Mégret, ajoutant que, selon lui, beaucoup de militants du FN n’avaient pas pardonné. Nous avons déjà parlé de la « Farce de l’Union Patriotique », aussi nous nous contenterons de redire que la non intégration de tous les patriotes, à commencer par toutes ses composantes, dans l’Union Patriotique, est pire qu’un crime mais une faute que Le Pen paiera cher lors de l’élection. En effet, non seulement les nationalistes passent pour des « rigolos »en se distinguant par le bas, non seulement cela donne une bonne excuse pour les Villiers et Dupont Aignan de ne surtout pas y aller, mais en plus ces « clowneries » grotesques produisent exactement l’inverse du résultat recherché, l’électeur étant las de ces querelles. C’est vraiment n’importe quoi. Jean Marie Le Pen a même fait rire, lorsqu’il a affirmé que 4, 5 ou 6 formations (il ne se souvenait plus) s’étaient jointes à l’Union Patriotique, contredisant son propre staff de campagne (et les observateurs attentifs de la vie publique) qui avait reconnu que « seuls le MNR, le Parti Populiste et Alain Soral composaient l’Union Patriotique en dehors du Front National ». JMLP n’est plus à une boutade près.
Il a même réussit à donner des voix à Philippe de Villiers, quand, répondant à une question de Jean Michel Apathie qui lui demandaient ce qu’il pensait des propos de Villiers à son endroit, Jean Marie Le Pen lui a rétorqué qu’il conseillait à De Villiers de s’occuper de ses problèmes familiaux. Apathie, soupçonnant (espérant) un nouveau dérapage sur l’affaire du fils cadet du Vicomte de Vendée rebondit en demandant à Jean Marie Le Pen ce qu’il pouvait bien dire par là. M Le Pen s’aperçut de la manœuvre, et après avoir encore bafouillé, affirma solennel, « M De Villiers parle de sa famille déportée mais il ne fait pas mention de son père prisonnier pendant 4 ans pour cause d’OAS. Quand on aime sa famille, on l’assume fièrement ». Outre l’indélicatesse du propos, (après tout chacun a le droit de dévoiler ce qu’il veut de son passé et qu’aurait dit M Le Pen si son père avait été communiste), Jean Marie Le Pen a sûrement apporté toute la sympathie de la communauté Pied Noir au Vicomte.
C’est ce qui s’appelle le réalisme et l’efficacité politique.
Après avoir commencé en fanfare, puis exécuté quelques pas de Tango avant de conclure pompeusement dans le style « j’en garde sous le pied », Jean Marie Le Pen s’est comporté finalement tel qu’il est devenu. C’est triste, surtout pour un homme que nous avons tous admiré. Consternant surtout de constater qu’il n’est plus que le « Monsieur Loyal » de son propre cirque, en partie « grâce » à sa fille.
Dernière représentation le 22 avril 2007.
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PAS UNE VOIX PATRIOTES POUR LE PEN LE 22 AVRIL 2007
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